Chers jeunes,

Le 30 avril 2020, le Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Denis SASSOU N’GUESSO, s’est une fois encore adressé à la nation au sujet de la pandémie de Covid19.
Cette fois, le ton grave exprimé par son message devrait vous interpeller au premier chef, car c’est bien l’une des rares fois que le Chef de l’Etat révèle l’impression d’un mécontentement perceptible.
Nul besoin d’user d’incantations pour nous accorder, sans équivoque, que le mépris des règles édictées dans la prévention de la pandémie du coronavirus dans notre pays, est la cause majeure du caractère intransigeant du discours du Chef de l’Etat.
Pour preuve, une consécration spéciale a été faite à votre endroit en ces termes : « Dans certains quartiers de nos villes, les jeunes continuent à pratiquer des sports collectifs, au mépris des mesures de protection édictées dans le cadre de la lutte contre le COVID-19.
Des rassemblements de plus de 50 personnes continuent à être organisés comme en temps normal, dans l’insouciance la plus complète du danger encouru devant le COVID-19 ».
Cause d’indignation ou motif de fierté ?
Cela va s’en dire.
Si cette interpellation nominale, qui part d’un constat désolant du garant des équilibres du pays, pourrait passer sous silence devant les faits et les auteurs imputés, il reste sans conteste que son écho doit susciter contritions dans les mêmes formes évoquées supra.
C’est sans doute l’occasion de redire que les jeunes, qui représentent la population majoritaire, sont rappelés à l’impératif de la réelle mesure de la situation et à cesser de se réfugier derrière des raccourcis avilissants de nature à générer l’impatience et à les enfermer dans des carcans d’inconscients. Alors qu’en leur qualité d’acteurs et moteurs de la veille sociétale, leur rôle se situe plutôt à la longueur, non de la négation, mais des agissements utiles, manifestés par leur niveau de conscience collective face à une nouvelle réalité qui nous impose des pratiques nouvelles pour un certain temps relatif, mais auxquelles les jeunes, connus pour leur vitalité, devraient s’adapter sans acrimonie.
La réalité que chacun doit appréhender est telle que rappelée par le Chef de l’Etat dans son message : le virus de covid19 fait des ravages dans le monde, l’Afrique n’étant pas épargnée, notre pays n’en est en outre pas en reste.
Cet état de fait, du moins inattendu, nous a conduits à l’adoption de certaines mesures exceptionnelles pour nous prémunir contre le cataclysme. Au nombre de ces mesures figurent entre autres, la restriction légale temporaire des libertés ; les gestes barrières et de distanciation sociale.
D’un côté les professionnels de santé sont à l’œuvre pour conjurer le « mauvais sort », de l’autre, le gouvernement s’exécute à déployer des mesures d’accompagnement sur les plans social et économique à l’effet d’atténuer dans la mesure du possible les conséquences induites de la crise sanitaire.
Bref, tout est fait pour éloigner les sentiments eschatologiques de notre environnement, justement pour préserver l’avenir que sont les jeunes.
Cela étant, le rôle de tout un chacun est, dans ces conditions, défini dans sa volonté à appliquer les règles édictées au niveau individuel, puis à l’échelle collective, dans notre capacité de contenir les risques de propagation du virus.
En définitive les jeunes sont priés de se ressaisir et de rectifier le tir à l’égard de l’observation des gestes barrières et de l’obligation de confinement.
Les déplacements, lorsqu’ils sont jugés essentiels, doivent obéir à une précaution disciplinaire (port de masque obligatoire notamment).
Je ne doute pas que les jeunes sont tout à fait capables de faire preuve de rigueur dans cette situation inhabituelle, mais provisoire, et de se montrer à la hauteur des espérances en lien avec l’éventualité d’un déconfinement progressif, car d’ici à quinze (15) jours il n’y a qu’un pas.
A condition, bien entendu, que notre attitude soit propice à l’imminence des résultats encourageants dans les délais impartis.
Je sais compter, pour cela, sur la capacité de résilience de chaque jeune.

Destinée Hermella Doukaga,
Ministre de la Jeunesse et de l’Education Civique (MJEC)