Un intitulé qui risque fort de pousser à déambuler quelques oiseaux de minerves et autres chauves souris, francs-tireurs, qui tombent brutalement de leurs branchages, prêts à « éperonner », avec une solidarité qui rivalise l’altruisme des agents fumeurs.

Notre examen de ce jour, loin des ferveurs inquisitoires, ira au-delà des supputations burlesques et ne tiendra compte d’aucunes. Un prologue fondamental, juste au cas où certains intrépides, adeptes de la torsion, seraient tentés d’en imposer l’usage à notre pensée.

Qu’à cela ne tienne, nous signons que Brazzaville ne tombera pas. Les « mal aimés » peuvent se faire d’autres alibis pour exploser la nation.

Depuis un certains temps, des congrès, des meetings, des dialogues, des réunions de rue et de maison, se sont tenus à l’issue desquels un mot d’ordre a été lancé, un seul mot d’ordre à paralyser le sable du désert du Sahara. On parlerait tant tôt de colloque éponyme avec filiation à l’insurrection populaire ou désobéissance civile ou militaire ou mise en œuvre des mécanismes de tribulations ou …

Raison de cet imbroglio : Contestations urbi et orbi des moindres réformes institutionnelles envisagées. Alors que l’on se souviendra, que lors du dialogue dit alternatif, où le plus attentif des observateurs aura remarqué la présence de plus de Prados que de militants, une liste non exhaustive de préalables avait été dressée comme ordonnance en prélude aux élections de 2016, liste sur laquelle figuraient une pléiades de récriminations à certaines institutions jugées désuètes, lesquelles l’on s’accordait ad unum aux réformes.

Mais d’où vient-il maintenant que l’évocation seule d’une possible rectification du fichier électoral, en vue ou non d’une hypothétique consultation du souverain primaire, soit la braise qui ferait crépiter la forêt ?

Pour ne pas jouer avec les mots, comme certains voudraient jouer avec le peuple, notre adresse va en premier lieu à l’endroit des jeunes du Congo, acteurs principaux de notre société, de ne pas céder à la manipulation de politiciens source de désœuvrement et d’égarement, ce, quelle qu’elle soit la teneur de leur raison foncière, démocratique ou légaliste, l’issue ne vous servira jamais, occupez-vous plutôt à trouver moyens de devenir meilleurs qu’eux.
On ne peut pas continuellement marcher à reculant des galipettes sans se heurter un jour à un obstacle écrasant.

Ceux d’entre les citoyens qui connaissent la valeur de deux années passées sans scolarité ; qui vivent les appréhensions d’une femme, mère et sœur vautrée dans les vicissitudes d’une ville dévastées ; ou qui ont un jour séjourné de force chez ce membre lointain de la famille qui n’a que faire de votre bataille pour la vie, qui ne voit en vous et vos marmailles qu’une invasion à lui interdire de décoller et de laquelle il faudra très vite s’en découdre, ceux-là savent ce qu’ils pensent de l’instabilité d’un pays, qu’importent les normes, d’autant que le temps passé et gâché se transforme en regrets qui les hanteront à jamais.

Ce ne sera sans doute pas la même approche pour ce crâneur en costard sur mesure qui se réclame de l’opposition sans trop savoir à quoi ou à qui, avachi derrière ou devant son clavier, qui exhibe des simagrées ridicules dans son poste imaginaire de commandement, au goût sel de méditerranée, mais loin des réalités de Brazzaville, d’où il dirige pourtant la nation par téléguidage, avec dans les coutures de son froc un sentiment de triomphalisme digne d’un affranchi menu aux termes d’une apothéose extravagante.

Tant mieux si cela l’occupe et comble ses fantasmes le temps qu’il réalise qu’il ne suffit guère de se porter vecteur attitré d’un gallicisme truqué de la langue de ce pays, généreux mais fermé à ses ambitions, pour prétendre à la magistrature suprême ou autre fonction régalienne de notre pays, sous prétexte d’avoir séjourné dans ces recoins tempérés que l’on constituerait à fortiori guide de félicité.

D’ailleurs, il serait même temps de siéger sur la question de la double nationalité dans les hautes sphères décisionnelles du pays, car il n’est pas concevable qu’un Ministre, député ou sénateur dispose d’une variété de passeports en plus des avantages qui lui sont concédés dans ses charges de représentation d’un peuple. Quand on veut servir sa patrie, on en choisit une !

L’opposition est une force salutaire pour la construction de la démocratie telle qu’engagée dans nos sociétés, tant que celle-ci joue son rôle liminaire de contre-pouvoir actif et participatif à l’aide des moyens juridiques disponibles. Contestataire privilégiée avec des méthodes pacifiques, cette prérogative lui sied de plein droit et au premier plan des attributs du pouvoir. Mais lorsqu’elle prend les allures de flambeur d’inhumanité, servant, à la moindre objection de conscience, des plats amères et froids dans ses discours de conquête ou reconquête, cela mérite d’animer la vigilance de tous, car nul n'a le monopole de la controverse.

Autant l’opposition a le droit de s’opposer aux décisions du pouvoir, autant la nation a le droit de s’opposer à l’opposition lorsque ses actes mettent en péril sa stabilité.

DDH, 16/09/2015