Qu'on arrête de verser les larmes de crocodile lorsque la souveraineté de nos pays est outragée, on ne peut pas aimer une chose et son contraire. Pourquoi lorsqu'on veut s'en découdre avec l'un des nôtres on lance la requête à l’arbitrage occidentale, Malgré l’affranchissement même factice, on est toujours aussi infantiles et inaptes à dénouer nos difficultés entre Africains, il faille toujours qu'on leur octroie le droit de cité. Jusqu'à quand resterons-nous et nos terres héritages Coloniaux sur lesquelles on adjuge des courbures et des sentences?

Lorsqu'on a trainé le corps inerte de Khadafi ou qu'on a humilié Laurent et Simone Gbagbo en direct des chaines étrangères, combien d'Africains ne se sont-ils pas sentis froissés par les effets de cette politique désastreuse, hissée des procédés du paternalisme à la Française? Mais combien encore sont-ils à ovationner le moindre retentissement d’une voix rouillée, d’un François Hollande (comme si lui-même était un modèle d’intégrité) qui s’érige en donneur de leçons et en pédagogue de démocratie à l’endroit des États Africains ?
Hier encore, Sankara, pour cause de son abnégation et sa volonté de rupture avec la relation incestueuse nommée Françafrique, a été victime d’une machination lui prêtant des épithètes qui n’avaient de sens que dans leurs esprits. A ce moment là, nombre d’Africains y avaient cru, comme lorsque Lumumba a été lynché. Ce n’est que plus tard, un peu trop tard d’ailleurs, qu’ils ont compris d’où se tiraient les ficelles du jeu macabre qui étranglait à tour de rôle les leaders et visionnaires Africains, en tout cas, ceux-là qui étaient animés par la constance d’une lanterne à sortir l’Afrique des sentiers battus, c’était à une certaine époque déjà.
De même, Lorsqu'ils ont balayé Lissouba, par les armes au prix de nos vies et au coût de leurs intérêts, un Président démocratiquement élu, ils ont conclu sans appel et sans notre avis que cela était indispensable. Et maintenant, ils parlent à la place du peuple lorsqu’ils s’adressent à Sassou Nguesso ou à Paul Biya.

Mais la réalité aujourd’hui reste toutes fois très perforante : A chaque Président Africain, qu’ils ont fait roi, ils trouveront, le moment venu, une épithète à convenance, allant de dictateur à despote, très souvent loin du concours des peuples dont ce dernier a l’administration, ils prescriront la désunion avant d’en chérir un nouveau dont les pensées resteront à l’antipode du choix qu’auraient porté les concernés(peuple). Tout ceci, même au mépris du principe sacré de la vie humaine, alors qu’il n’en sera jamais ainsi chez eux, puisqu’ils auront réuni les conditions d’apaisement pour leurs peuples.


Je suis pour la démocratie (encore que cette notion reste à redéfinir sur le reflet de nos mœurs), je condamne la dictature et les dérives en politique.
Cependant pour des besoins d’enracinement de ma foi en la justice internationale, si l’on en croit qu’elle est exempte de toute partialité, j’aurais voulu au préalable avoir des réponses à certaines préoccupations : qui délibère sur les qualités de dictateur à la tête d’un pays Africain? Selon quels critères occidentaux? Mais qui place et soutient les dictateurs, s'il y a? Combien d’Africains se sont déjà portés observateurs des élections en Occident ? Combien d’élections ou de projets politiques en Occident ont-ils déjà reçu la validation des dirigeants Africains ? Combien de Présidents occidentaux criminels se pavanent dans les rues sans jamais être interpelés par la fameuse CPI que l’on ferait mieux de rebaptiser Cour Pénale Africaine ?


Reconnaissants nous sommes de l’amitié séculaire, combien intrusive, entre la France et nos pays Africains. Une amitié, que François Hollande, oubliant derrière-lui les innombrables maux dont souffrent son pays, obnubilé à conforter en priorité les liens, s'applique à travers les tournées séductrices à l’endroit des peuples meurtris d’Afrique. Peuples médusés et entichés de désirs de démocratie, chose qu’en bon « ami », le Président Français compte loyalement leur servir. Pourtant lorsque ces mêmes peuples sont meurtris au son de la kalachnikov par des groupes armés dont le vecteur est souvent aussi mystérieux que l'origine des armements, ou lorsque leurs droits les plus fondamentaux sont bafoués ou lorsqu’ils lancent dans le vide des appels à l’aide, on voit rarement des rédempteurs voler à leur secours.
Ceci dit, on comprend aisément pourquoi « entre un frère et un ami le choix est clair».

Changements ou pas de constitutions, Nous sommes assez circonspects pour nous passer de l’exigence des injonctions Françaises, notamment celles dont l’expression se prévaut dans des discours sermonneurs dignes d’oraisons pré-coloniales.
L’idéal pour nous c’est que les Africains décident eux même, pour eux et par eux de leur destinée. Car, quelques fois « l’ennemi que l’on connait vaut mieux qu’un ami qu’on ne connait pas ».

Que Dieu nous garde!

 

DDH, 04/07/2015