Le synopsis de la scène politique Congolaise est la transposition stricto sensu de celle au niveau des églises.
A la lisière de 2016 assimilée à la proche venue du christ ou à la fin du monde (selon que chacun le conçoit) chaque ecclésiaste se réalise. Nombreux aussi s’improvisent pasteurs de circonstance. La bataille de la pêche d’âmes se durcit. Les auditoires de culte se multiplient, le glas sonne chaque heure de la journée, les croyants avertis choisissent leur clan.
La guerre sainte se précise, celle qui met en concurrence les anciennes factions religieuses et la pléiade naissante.

D’un côté, l’église protestante (UPADS, MCDDI, et Compagnies), protagoniste des protestations mais un peu en sommeil, s’oppose aux pratiques de l’église catholique (PCT et Compagnies) avec toutes les calamités qui lui sont imputées, mais avec qui elle partage parfois des prières œcuméniques.
De l’autre, il y a les dissidents du clergé constitués en églises dites de réveil (CAP, DRD, etc.…) dont la mission consiste à sauver les âmes qu’elles jugent égarées par les formations religieuses ancestrales. Avec des discours pétillants, elles se considèrent comme l’arche de Noé destinée à préserver l’humanité du déluge.
De plus en plus, la naissance de ces églises-champignons prend de l’ampleur. Dans une ruelle de vingt habitations, on peut en compter une dizaine. Va alors s’en suivre la prospérité ab nihilo des instigateurs.

Mais pour raisons insoupçonnées, les signes de défiance ne vont pas tarder à faire surface, appuyés de discours d’invectives et de diabolisation mutuelle. En plus de la guerre qu’elles sont sensées mener aux deux géantes, elles se livrent maintenant à des rivalités sans merci malgré la doctrine commune qui les rapprochait au départ. Les accusations réciproques aussi s’érigent. Ce qui a pour conséquence directe l’enlèvement de fidèles d’une officine à une autre.

Pourtant à un certain moment, ces nouveaux courants religieux aux discours sensationnels ont eu le mérite de drainer vers eux des masses importantes d’adeptes arrachés des églises dites mères perçues alors comme la bête décrite dans la bible. Ces nouvelles âmes avaient cru y trouver le miracle escompté avant que le grand nombre ne trouve déception au vu de l’allure inquiétante que prenaient les affaires célestes : des pasteurs qui se déchirent après avoir connu ascension sociale fulgurante; au fil du temps certains augustes bergers ont fini par laisser transparaitre des ambitions qui n’honoraient pas la moralité divine (puisqu’on a beau chasser le naturel, il reviendra au galop).
Ce qui aura pour effets des scissions violentes des congrégations ; la dissolution de certaines et la poursuite prolifère des « métastases » (MODEC, ARC, etc.…).

En fin de compte, il se dessine sur le plateau ecclésiastique (analogie de l’esplanade politique) un schéma de transfert d’adeptes des plus biscornus qui soient : des chrétiens « éveillés » qui regagnent les rangs de l’église catholique ; des catholiques qui se dirigent vers l’arène protestante ; des protestants qui se « réveillent » tandis que d’autres se « catholisent » ; un autre nombre révolté, ayant déjà effectué le circuit complet, se résigne ou se radicalise incroyant en dépit du charme du discours propagandiste servis au voisinage de 2016; et ainsi de suite……

 

DDH, 22/02/2015